Pélerinage : sur les pas de Sainte Emilie

Les lieux où est passée Ste Emilie de Rodat sont nombreux dans l'Aveyron: De Druelle, lieu de naissance, à VIllefranche, son lieu de fondation et de mission, en passant par Saint Martin de Limouze, Ginals, Ampiac, puis Aubin, Decazeville, Livinhac, Figeac, Montauban... Il est difficile de ne pas oublier un lieu. Les photos et les articles gardés sont ceux de la Maison Mère où la chambre de Sr Emilie est gardée intacte, la chapelle avec la Crypte, des lieux significatifs à VIllefranche et dans l'Aveyron.

 

Les jeunes Soeurs en pèlerinage sur les lieux de Sainte Emilie:

Druelle  A Sainte Claire

 

 

La chambre

Cette pièce, dans laquelle un bon nombre de personnes viennent se recueillir, est conservée dans le même état que durant la vie de Ste Emilie.

Chambre de Sainte Emilie de Rodat

On y trouve :

  • la porte en bois de chêne, avec les ferrures de l’époque,
  • Le plafond aux solives apparentes, le plancher grossier, son lit paillasse,
  • La malle où elle conservait les vêtements qu’on lui donnait pour les pauvres,
  • La croix devant laquelle elle a beaucoup prié,
  • La table où elle a multiplié des aliments,
  • Une vitrine contenant divers objets lui ayant appartenu,
  • Un portrait de Ste Emilie (1848) de Vauchelet, artiste parisien (elle fut obligée d’accepter de se laisser peindre).
 

La galerie

Emilie enseignante

Cette galerie conduit à la chambre de Ste Emilie.
3 religieuses de la Ste Famille, licenciées des beaux-arts, y ont peint quelques scènes de la vie de Ste Emilie

  • le château de Druelle où elle est née en 1787
  • Emilie au berceau
  • la chapelle de Ginals visitée chaque jour par Emilie
  • Emilie à 11 ans faisant sa première communion dans la chapelle de Ginals
  • Ginals, à 12 kms de Villefranche où Emilie aimait se promener dans le parc, lire et méditer avec son amie Joséphine
  • Emilie fleurissant la croix, à l’entrée du château
  • lors de visite dans des familles pauvres de Villefranche
  • la décision de consacrer sa vie au Seigneur avec 3 autres jeunes filles
  • l’ouverture de la première école dans la maison Alric, le 3 mai 1816
  • une multiplication d’aliments
  • auprès de jeunes en difficulté
  • une sœur aveugle recouvrant la vue, grâce à Emilie
  • la mort d’Emilie, le 19 septembre 1852, entourée de petites orphelines élevées gratuitement
 

La crypte

La crypte

Un grand vitrail bleu ferme la crypte. Une fresque murale, de Maître Jacques Bringuier, serrée par des arceaux en ogives, illustre la Foi, l’Espérance et la Charité. Elle est composée en bleu, rouge et jaune sur un dessin très sobre. « Cette glorification de la Mère Emilie nous est apparue ardente comme du feu : telle était l’âme de notre Sainte » (écrivait un journal local en oct. 1957)

Cette crypte abrite à la fois la châsse, le tombeau, la statue de Ste Emilie faite par Denys Puech , et, de plus, les restes du vénéré Fondateur, le Père Antoine Marty.

La châsse en bois précieux est éclairée par 6 flambeaux dont la lumière s’ajoute à celle des cierges qui brûlent sans cesse dans la crypte. On peut voir autour des écussons des familles de Rodat, de Pomairols…

Cette crypte, « havre de pénombre bleutée » est vraiment digne de la spiritualité qu’exige un tel lieu. Les pèlerins aiment son atmosphère de prière personnelle. Aussi, s’y succèdent-ils à toute heure du jour.

 

Visite de la Chapelle (Quelques renseignements)

Chapelle Sainte Famille

Le 14 avril 1951 commença la construction de la nouvelle chapelle. Sept années de travaux ont réussi à dresser dans le ciel sa majestueuse silhouette et cela grâce au concours de tous. Elle fut ouverte au culte le 6 mars 1956 ; bien avant son achèvement.

Cette chapelle est le témoignage d’un grand effort co1lectif. La foi de tout un peuple a fait corps, en quelque sorte, avec l’entreprise ; et des milliers d’offrandes ont subvenu aux besoins, au jour le jour.

C’est au Père Odilon, moine bénédictin d’En Calcat et à M. Jean Bosser architecte à Clermont—Ferrand, que nous devons cette oeuvre remarquable.

Les architectes, travaillant en étroite collaboration ont résolu le difficile problème d’harmoniser la nouvelle chapelle avec l’ancienne du XVe siècle et avec notre ville moyenâgeuse. Ils ont réalisé une unité architecturale qui fait honneur à leur talent.

Un grand balustre de 52 ni de long entoure la chapelle à portée du regard. Il développe en haut relief, en fermant les tribunes, tout un cycle iconographique qui est celui de le vie du Christ. Il convenait que ce motif domine par sa taille directe, ses tonalités dominantes ocre et bleu alternées. C’est la décoration unique de la chapelle à laquelle tout devait être soumis. L’artiste, Maître Philippe Kaeppelin, avec son sens monumental et décoratif très sûr, a su retrouver l’expression des vieux imagiers.

Intérieur ChapelleL’accent traditionnel est fortement pieux, sans sentimentalité populaire, sans fausse naïveté, accessible à tous sans vulgarité et d’un modernisme heureux.

Il n’y a pas d’intention symbolique exagérée dans cette oeuvre remarquable, débordante de vie intense, où tout est équilibré à la manière des fresques antiques. Chaque détail est à admirer, même le minuscule Enfant-Dieu, centre de la composition, à peine esquissé au-dessus de l’autel. Tout est révélation, aussi bien pour l’adulte que pour l’enfant, car l’artiste en plein essor a su traduire sa pensée et suggérer beaucoup plus qu’imposer. :

Assomption de MarieL’autel majeur est formé d’une belle table massive de pierre marbrée qui repose sur un bâti de pierre entouré de cuivre repoussé au marteau, tout doré à la feuille. C’est un joyau d’orfèvrerie ancienne et de sculpture où Maître Kaeppelin a mis tout son talent et tout son coeur. Sur la face de devant quatre médaillons : les 4 évangélistes :

  • pour Marc un lion
  • pour Matthieu un homme
  • pour Luc un boeuf
  • pour Jean un aigle.

Sur les côtés, deux colombes au bord d’une coupe en relief plat.

M. Bosser architecte, s’exprimait ainsi en parlant de la chapelle :

“La puissance de cette oeuvre est grande. Elle est une symphonie sensible à tous parce qu’elle est profondément humaine ». Son souhait était que le peuple arrive à prier sur de la beauté.

 

A Villefranche

 

Plan du parcours de Sainte Emilie de Rodat à Villefranche de Rouergue

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En Aveyron

 

Ampiac

Le clocher d'Ampiac

A l’église

En ce lieu, après une période de tiédeur, Emilie vécut une expérience de Dieu très profonde qui bouleversa sa vie.

Ecoutons-la :
« A la Fête-Dieu, c’était l’année 1804, à l’occasion du Jubilé qui fut donné, je m’adressai à un prêtre pieux et zélé pour la confession. Tout d’un coup, je fus éclairé sur ma tiédeur et je passai de la mort à la vie, sans combat aucun, sans souffrance. J’étais désolée d’avoir vécu si longtemps loin de Dieu ; mais cette amertume était douce car Dieu me comblait de grâces et inondait mon âme de consolation…
J’étais si pénétrée de Dieu que je serais restée toujours avec Lui, surtout à l’église. Là, sa présence m’absorbait à un tel point que je ne voyais ni n’entendais ce qui se passait autour de moi…
C’est à seize ans que je connus Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette connaissance me ravit. »

« ..J’allais tous les jours à la sainte messe à demi-heure de distance… Je passais tout le dimanche à l’église, en la compagnie d’une sainte fille. J’éprouvais dans ce saint lieu, des joies que je ne puis exprimer qu’en disant : c’était le ciel !...

Dieu, en touchant mon cœur, qu’il tourna tout entier vers lui, me fit le don gratuit de toutes les vertus. Leur pratique me fut aussi facile que si j’en avais eu l’usage depuis trente ans. Le monde, que j’avais aimé pendant ma tiédeur, ne me parut plus digne que de mépris. J’avais en horreur toutes les maximes qu’il débite. Je voulais Dieu et Dieu seul… »

Le chemin de Croix 

Le chemin de Croix

« … Deux fois le jour, je faisais le chemin de la croix en gravissant un petit calvaire qui n’était pas loin du château. J’aimais, en faisant cet exercice, à m’agenouiller sur le pavé, sur des choses qui me gênassent. Au commencement, j’éprouvais un peu de crainte humaine, mais j’allais à ce qui me coûtait et ce fut bientôt fait de cette tentation… »

 

Druelle

Château de DruelleC’est dans ce château que Ste Emilie est née, qu’elle a vécu jusqu’à l’âge de deux ans, et puis plus tard, durant son adolescence, entre seize et dix-sept ans et demi, lorsqu’elle ne voulut pas suivre sa grand-mère, chez Madame Saint Cyr. Et c’est là que vivent encore aujourd’hui des descendants directs de Ste Emilie : les familles de Rodat et Nénert.

Dans son autobiographie, nous lisons « Je suis née le 6 septembre 1787, de Jean-Louis Guillaume Amans de Rodat et d’Henriette de Pomairols, au château de Druelle, paroisse de St Martin de Limouze….

Je suis d’une famille de saints. Si j’ai quelques vertus, je les dois aux bons exemples que j’ai eus sous les yeux et à la bonne éducation que mes parents m’ont donnée….

Petite chapelleC’est durant son adolescence à Druelle qu’Emilie expérimente ce que nous appelons sa ‘conversion’. Elle participe à la messe chaque jour, se promène avec sa sœur Eléonore, contemplant la nature et louant Dieu. Elle visite les pauvres et fait pour eux des confitures. Elle qui aimait tant fréquenter les salons, juste quelques mois auparavant, se rend dans les taudis et les caves malodorantes. Elle se charge même, mais non sans répugnance, de soigner une lépreuse.

La vie des saints me touchait beaucoup. Je voulais marcher sur leurs traces et imiter tous les exemples de vertu qu’ils ont donnés… »

Dans le parc de Druelle, se trouve une petite chapelle qui n’existait pas au temps d’Emilie. Elle fut construite plus tard, vraisemblablement vers 1840

Mais comme sa famille, elle va à la messe et autres célébrations, à St Martin de Limouze ou à Ampiac. A travers cette nature sauvage et les personnes les plus pauvres de la campagne, Dieu lui fait signe.

 

Ginals

Château de Ginals

Un des domaines de la famille des Pomairols, les grands parents maternels de Ste Emilie. Emilie a vécu là une partie de son enfance et de son adolescence.
Nous sommes ici en pleine campagne et Emilie appréciait la simplicité du paysage : « J’aimais à contempler, disait-elle, les beautés de la nature, à méditer dans la campagne, sur le bord d’un ruisseau. »

 

 

La croix de pierre

Croix de pierre

Face à l’entrée, se trouve une petite croix de pierre qu’Emilie avait coutume de fleurir avec son amie Joséphine Dulac.
« La croix a été l’apanage des saints, qu’elle soit aussi la nôtre et faisons en sorte que, par notre patience, elle nous devienne une source de salut » écrira-t-elle plus tard à l’une

de ses sœurs.
« Je vous souhaite de tout mon cœur la joie qui accompagne la Résurrection de Notre Seigneur. Réjouissons-nous en lui. Il a vaincu pour nous et nous goûtons les fruits de sa victoire ; allons à lui avec amour…. », ainsi exprime-t-elle ses vœux de joie pascale à ses sœurs d’Aubin.

La chapelleLa chapelle

C’est dans la petite chapelle, située à l’extrémité du parc devant l’entrée du château, qu’Emilie a fait sa première Communion, aidée d’un prêtre réfractaire qui se réfugiait dans cette maison, au temps difficile de la Révolution française.

Elle écrira : « A 11 ans, on me fit faire ma première communion dans la chapelle du château de Ginals, ..., où nous nous étions retirés pendant la tourmente révolutionnaire. Je ne pus apporter à cet acte une grande préparation, à cause de l’état fâcheux des temps, mais j’y apportai l’innocence… Dieu s’empara de toutes les facultés de mon âme et je me sentis aussitôt attirée au saint exercice de l’oraison. Dieu la faisait en moi. »

 

Eglise de Saint Martin de Limouze

St Martin de Limouze

Au temps de la Révolution, il fallait abandonner toute pratique religieuse, mais les habitants du château de Druelle, fidèles à leurs convictions religieuses portèrent le bébé Emilie sur les Fonts Baptismaux, dès le lendemain de sa naissance, malgré les risques encourus.

Voici ce que nous dit Emilie elle-même :
« J’ai été baptisée le lendemain de ma naissance, dans l’église de St Martin de Limouze. Guillaume de Rodat, mon grand-père, a été mon parrain et Marie-Marguerite de Pomairols, ma grand-mère, fut ma marraine… »